Critiques

Critiques à ses débuts

A partir du 20 septembre 1960, Johnny est programmé pour trois semaines à l’Alhambra, sur le programme, il est nommé «le prince du rock’n’roll» et passe en « vedette américaine » de Raymond Devos. Il chante cinq chansons, se roule par terre en jouant de la guitare et obtient tout à la fois triomphe et scandale. Au balcon, ses copains du Golf Drouot sont enthousiasmée par sa prestation et applaudissent, en revanche, leurs aînés, au parterre, s’indignent et huent ce «fou chantant». Le scandale est tel que la direction envisage de supprimer Johnny du programme. Raymond Devos s’y oppose et menace de partir si on le renvoie. Johnny Hallyday ira jusqu’au bout de son engagement.

Après le spectacle, Henri Salvador aurait déclaré : “Sortez-le !  C’est affreux ! Quel guignol ! Il est indigne de la chanson française !”. Henri Salvador lui avait d’ailleurs prédit à cette occasion qu’il n’aurait pas un grand avenir dans la chanson.

Le 9 octobre 1960, Lucien MORISSE; directeur des programmes d’Europe 1 et animateur de l’émission «Le Discobole», passe la chanson du troisième disque de Johnny et déclare : «c’est la première et dernière fois que vous entendez ce Johnny HALLYDAY» et il le casse à l’antenne. Johnny était en concurrence avec Dalida qui était fiancé à Lucien MORISSE ce qui explique peut être son attitude. Il y a une polémique sur ses faits, certains disent qu’il cassa le premier disque «T’aimer follement» sur les ondes mais il semblerait que ce soit plutôt «Itsy, Bitsy, Petit Bikini»

La critique du Monde Claude Sarraute raconte avoir pris lors du concert de Johnny “le plaisir fait d’étonnement et d’intérêt mêlés que procure une visite aux chimpanzés du zoo de Vincennes.

Le sociologue Edgar Morin signe dans Le Monde du 6 juillet 1963 un long article qui donne un nom à ce mouvement générationnel et social : ils sont la “génération yéyé”, et Johnny Hallyday est leur idole.

L’interjection “yéyé” fait référence au style musical du chanteur de Laisse les filles : Johnny met à l’honneur le rock & roll et le twist américains, des chansons courtes et tapageuses aux paroles simplistes, ponctuées de “yes” et de “yeah” : en français, et avec l’accent, “yéyé”.

En 1963, le journaliste Philippe Bouvard, alors au Figaro le décrit avec effroi, sur scène : « Tantôt menaçant, tantôt se tenant le ventre, tortillant du bassin, roulant des hanches. Il se servait du micro comme d’un tuyau d’arrosage ».

L’Humanité assène : « Johnny Hallyday est une sorte de caricature des pires rockers américains. » «Il fait un de ces potins, un tintamarre, un fracas énorme.

Le 21 juin 1963, cent cinquante mille jeunes (quand la police en attendait cinq mille) affluent vers la place de la Nation pour un concert géant qui finit dans le chaos le plus total. A l’époque, le général de Gaulle commentait : « Johnny Hallyday ? Mais si ce jeune homme a de l’énergie à revendre, il faudrait l’envoyer casser des cailloux ! »

Le journal centriste «L’Aurore» donne en novembre 1964 une définition lapidaire et méprisante de ces jeunes : “Race qui depuis 1962 a envahi notre pays, et qui se caractérise par son air particulièrement idiot et la manière dont tous ses ressortissants se trémoussent et battent des mains quand leurs grands prêtres ou prêtresses – les idoles – se produisent sur les planches“.

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